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Chris Walder, à l’affiche de Mes frères

Pour son premier long-métrage intitulé Mes frères, le réalisateur Bertrand Guerry a confié un rôle à un Islais. Rencontre avec celui qui joue M. Adams.

Rencontre

Comment vivre avec la maladie ? Bertrand Guerry a trouvé, sur l’île, un cadre propice à son premier long-métrage de fiction. Un drame musical dont la moitié des bénéfices ira d’ailleurs à l’association FOP France (association française sur la fibrodysplasie ossifiante progressive) qui oeuvre pour les personnes atteintes de la maladie dite de l’homme de pierre.

Chris Walder habite sur l’île depuis 17 ans. Après une carrière d’avocat d’affaires, ce Hollandais s’est installé avec sa famille, suite à la découverte de l’île en voile. Pas du tout comédien, donc, il a malgré tout convaincu le réalisateur lors d’un casting effectué ici, car celui-ci cherchait un homme mûr du coin, avec un fort accent et une « gueule ». Il a laissé pousser sa barbe pour interpréter le rôle de M. Adams.

Métamorphoses

M. Adams est aveugle. Au coeur de l’histoire : deux frères, à la tête d’une fanfare locale sur une île déserte, vivent isolés à plusieurs titres, car l’un est atteint d’une maladie incurable et l’autre s’enferme dans le mutisme. C’est leur soeur qui saura trouver les mots pour panser les plaies. Et elle rencontre M. Adams dès son arrivée sur l’île.

Dans la bande, une équipe très jeune par ailleurs, Chris est le seul habitant de l’île à faire partie de la distribution. Cette expérience a été intense, très forte en émotions.

Il a appris des techniques de jeu : « Le plus difficile pour moi, c’était de mémoriser le texte. Heureusement, nous avons beaucoup répété. Concernant l’interprétation, j’ai eu recours à des petites astuces. Ainsi, quand Bertrand m’a demandé de pleurer, c’est le soleil qui m’a aidé. Mais je me suis tellement identifié au personnage que, pour une scène en extérieur, j’ai dû modifier ma trajectoire, du fait de mon handicap. Et cela s’est répercuté dans le scénario ! »

Chris fait preuve de modestie. Sans l’aide de lunettes, il a en effet remarquablement travaillé ses postures, son regard : « Un expert en cinéma a cru que j’étais vraiment aveugle. C’est sans doute le plus beau compliment que l’on puisse me faire. »

Sortie nationale en 2018

Le retraité avoue ne plus aller au cinéma comme avant : « J’ai découvert la fabrique d’un film, c’est impressionnant. Je suis aussi très fier d’avoir participé à ce projet car le sujet est bien traité, le scénario remarquable, le montage original. Enfin, les acteurs jouent bien et les images sont magnifiques. »

L’Islais a découvert le film lors d’une avant-première, au Mans, en présence de l’équipe et d’amis. « L’accueil a été très chaleureux. »

En attendant la sortie nationale, prévue en automne 2018, une projection privée (sur invitation) est programmée ce dimanche, à 18 h, au Ciné Islais. Un privilège pour les figurants, eux tous Islais, et soutiens ayant participé à ce projet. Un beau cadeau qui devrait, aussi, leur fait chaud au coeur.

Article paru le 17/10/17 sur le site de Ouest-France

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